Recruter sans se tromper : la matrice A/B/C/D Player expliquée
77% des vendeurs échouent leur première année. La matrice A/B/C/D Player pour savoir qui garder, qui coacher et qui congédier, sans se tromper.
I me suis trompé sur le format — la consigne demande la réponse directement dans les 3 blocs, pas un fichier. Voici l'article :
Le piège classique : juger sur une entrevue
Tu as sûrement déjà vécu ça — quelqu'un qui a l'air parfait à l'entrevue et qui devient un désastre trois mois plus tard. Ou l'inverse : quelqu'un de discret en entrevue qui finit par être ton meilleur employé.
Le problème, c'est qu'on essaie de prédire une performance à long terme à partir d'un moment unique. Une entrevue d'une heure, un test de personnalité de vingt minutes — ces outils-là te rassurent, mais ils prédisent beaucoup moins qu'on pense. Puis chaque mauvaise embauche coûte pas mal plus cher que le salaire : ça draine ton énergie de leader, ça contamine la culture, pis souvent ça pousse tes meilleurs joueurs vers la sortie avant même que tu réalises c'est quoi le problème.
La matrice A/B/C/D Player
Le modèle repose sur deux axes : le fit culturel et le niveau de compétences.
A-Player — excellent fit culturel, excellent fit compétences. C'est eux qui font plus de 60% des ventes dans une équipe. L'action ici, c'est de les reconnaître comme excellents, leur donner des défis supplémentaires et les faire progresser constamment. Un A-player veut évoluer, apprendre, avoir plus de responsabilités — si tu ne l'alimentes pas là-dedans, tu vas le perdre.
B-Player — excellent fit culturel, mais compétences encore en développement. Ils sont motivés, travaillants, ils ont un bon esprit d'équipe, mais il leur manque encore des compétences. La bonne nouvelle : avec un bon coaching et un playbook précis, un B-player peut devenir A. Ça se travaille.
C-Player — bonnes compétences, mais mauvais fit culturel. Ils sont relativement toxiques pour l'équipe. L'action : les gérer avec une attention particulière, ou reconsidérer carrément leur place. Ils sont peut-être bons dans leur job, mais s'ils chient sur tout, tu ne veux pas que ces valeurs-là s'installent chez toi.
D-Player — ni le fit culturel, ni les compétences. Ils sont responsables de moins de 6% des ventes, mais ils demandent le plus d'énergie du leader et de l'équipe. Là, y'a pas de zone grise : tu les fires.
Pourquoi ce modèle change tout
L'implication la plus importante là-dedans, c'est que la solution à un problème de talent, c'est presque jamais d'embaucher plus. C'est de replacer les bons sièges avec les bons systèmes de support autour.
Un B-player bien encadré devient souvent un A-player. Mais un A-player mal encadré peut glisser vers le C-player. Ce qui veut dire que ta job comme leader, c'est pas juste de classer une fois pis d'oublier — c'est de remapper ton équipe régulièrement, à chaque deux semaines ou chaque mois. Est-ce que ton B-player se rapproche du A ou du D? Est-ce que ton A-player est encore dans l'excellence, ou il a descendu parce que tu l'as mal encadré? C'est ça qui te permet d'ajuster avant que ça devienne un problème.
La question d'entrevue de Steve Jobs
Selon plusieurs témoignages de collaborateurs, Steve Jobs posait systématiquement une question qui semble anodine mais qui révèle énormément : quel est le meilleur truc que tu as fait qui n'était pas dans ta description de tâche?
Les A-players ont toujours une réponse à ça, souvent immédiate et enthousiaste, parce qu'ils ont l'habitude de dépasser ce qu'on leur demande — par curiosité ou par fierté personnelle, sans que personne leur ait rien demandé. Les autres profils cherchent, hésitent, ou répondent avec quelque chose qui était en fait dans leur description de tâche. C'est pas une question piège. C'est révélateur d'une habitude comportementale, ce qu'aucun CV ne te donne.
L'exercice qui interdit la zone grise
Un exercice précis force une évaluation honnête de chaque membre d'une équipe, sans complaisance possible. La règle : noter chaque personne sur 10 selon son fit et ses résultats. Mais il est interdit de donner un 7 ou un 8.
Cette interdiction en apparence arbitraire force une vraie décision. Soit t'as un 9 — quelqu'un à renforcer, à qui donner plus de projets, avec qui tu fixes une date pour lui dire explicitement qu'il est un 9 et lui demander ses plans pour l'avenir. Soit t'as un 6 — quelqu'un qui a besoin d'un plan de développement clair pour progresser vers le 9. Soit t'as un 5 ou moins, et là c'est simple : fire fast, hire slowly. Congédie rapidement quand c'est nécessaire, prends ton temps pour embaucher les bons joueurs.
Cette phrase résume tout l'enjeu culturel derrière la matrice. La culture d'une entreprise, c'est ce que tu es prêt à tolérer. Chaque C-player ou D-player que tu gardes trop longtemps envoie un signal clair à toute l'équipe sur ce qui est réellement acceptable chez toi. Si tu tolères que le monde arrive en retard aux meetings, ta culture d'entreprise, ça va devenir ça.
Le keeper test de Netflix
Netflix a popularisé une question simple que chaque gestionnaire devrait se poser régulièrement pour chaque membre de son équipe : si cette personne me remettait sa démission demain, est-ce que je me battrais pour la garder?
Si la réponse est non, la recommandation est directe — planifie sa sortie maintenant plutôt que d'attendre.
Et les tests de personnalité dans tout ça?
Gallup Clifton Strength, le disque, les 16 personnalités, Cold B Index — ces tests-là ne sont pas de bons prédicteurs de performance. Ce qui prédit réellement, c'est 90 jours d'observation. La cohérence comportementale observée sur trois mois, pas un test de 20 minutes passé une seule fois avant l'embauche.
Ces tests restent utiles, mais pas pour ça. Ils servent à ce qu'un fondateur comprenne ses propres angles morts et s'entoure de profils qui le complémentent, plutôt que de profils qui lui ressemblent.
L'action cette semaine
Si t'as une équipe, fais l'exercice. Pour chaque personne, décide : 9 ou 6. Si c'est un 9, fixe une date pour lui dire explicitement — c'est ce qu'on avait dit qu'on ferait pour les 9. Si c'est un 6, bâtis un plan d'attaque clair pour qu'il devienne un 9. Pour chaque 5 ou moins, pose-toi sérieusement la question du keeper test : est-ce que je me battrais pour garder cette personne-là? Si la réponse est non, tu sais quoi faire.
C'est tough de mettre du monde dehors. Mais si tu veux que l'excellence soit vraiment la culture de ton entreprise, t'as pas le choix d'agir comme ça. C'est qui, ton prochain 5 sur 10 que tu gardes juste parce que c'est inconfortable de lui dire la vérité?