← Articles6 juillet 20265 min de lecture

Buyer's Journey en 7 étapes : la plupart des entrepreneurs n'en pilotent que 2

Le buyer's journey compte 7 étapes, la plupart des entrepreneurs n'en pilotent que 2. Voici comment reprendre le contrôle sur les 5 autres, avant même de vendre.

Ton client, en ce moment, il ne pense pas à toi. Il pense à son mal de tête. Le vrai jeu, c'est de savoir où te placer dans cette réflexion-là — pas juste au moment où il sort sa carte de crédit, mais bien avant, pis surtout bien après.

Le vrai décideur, tu as 90 secondes pour le convaincre

Tony Parinello, dans 5 Minutes with Vito, parle du Vito — le Very Important Top Officer, le vrai décideur dans une organisation. Son observation : cette personne-là juge en 90 secondes si ton opportunité mérite son attention. 90 secondes. Si tu passes ton temps précieux avec la mauvaise personne dans l'organisation, tout ton parcours client s'écroule avant même d'avoir commencé.

J'ai déjà suivi un cours où une madame, chief dans une entreprise en technologie, expliquait sa technique : elle se donnait comme objectif de luncher avec deux nouvelles personnes par semaine, systématiquement, en ciblant délibérément qui pourrait être le décideur. Pas au hasard. Et surtout, elle allait les voir physiquement plutôt que d'attendre que la relation se bâtisse à distance derrière un écran.

Ça, c'est la partie que la plupart des entrepreneurs sautent. Va voir ton ICP en personne. Pose-lui la question simple : c'est quoi tes problématiques en ce moment? Qu'est-ce qui t'empêche de dormir? C'est en parlant aux gens que tu comprends c'est quoi le vrai problème — pas en devinant depuis ton bureau.

Devenir indispensable, c'est pas répéter ce qu'il sait déjà

Le buyer's journey commence bien avant ton entonnoir marketing. Il commence par identifier qui a réellement le pouvoir de dire oui, puis construire une vraie relation avec cette personne-là avant même d'avoir une offre à présenter.

Peter Thiel, co-fondateur de PayPal, pose une question qui change tout : qu'est-ce que tu vois que les autres ne voient pas encore? Appliquée à ton client, la question devient : qu'est-ce que tu vois dans son problème que lui ne voit pas encore?

Devenir indispensable à la réflexion d'un prospect, c'est pas lui répéter ce qu'il sait déjà sur son propre problème. C'est lui apporter une perspective qu'il n'avait pas envisagée. Genre : lui, il pense que son problème c'est A. Toi, tu lui montres que c'est en fait B, pis que vous êtes spécialisés à régler B. C'est cette perspective-là, pas ton produit, qui fait de toi la référence à laquelle il repense chaque fois que le sujet revient sur la table. Une offre chirurgicale et précise là-dessus, ça devient incomparable avec une offre générique.

Les 7 étapes que quasiment personne ne pilote au complet

Une méthodologie qu'on appelle le business growth funnel cartographie le parcours client en 7 étapes distinctes : brand et exposure (le marché découvre que tu existes), marketing (il s'éduque sur ta solution), sales (l'échange de valeur), opérations (tu livres ce que t'as promis), account management (tu t'assures qu'il reste satisfait), customer success (il continue d'acheter année après année), puis lead generation (il te réfère de nouveaux clients — la boucle se ferme).

La majorité des entrepreneurs pilotent activement 2 de ces étapes : le marketing pis la vente. Les 5 autres tournent au hasard. Et chaque étape a besoin d'un responsable clair — quelqu'un dédié, excellent pour la faire. Sinon tu crées des zones floues, et c'est exactement là que les clients se perdent. 7 points ici, ça devrait éventuellement être 7 employés, ou au moins 7 zones où tu bouches les trous le plus vite possible.

Le contrat signé, c'est pas la fin — 47% n'achètent jamais vraiment

Un chiffre qui devrait inquiéter n'importe quel entrepreneur : 47% des ventes conclues n'achètent jamais réellement. Le contrat est signé, mais la valeur n'est jamais livrée ou consommée. Ton entonnoir de vente traditionnel, qui s'arrête à la signature, ignore complètement presque la moitié du vrai risque d'échec.

Une approche que j'ai vue dans un cours en lien avec le MBA règle ça directement : structurer l'offre en segments courts et successifs plutôt qu'en un engagement massif d'un coup. Concrètement, tu commences avec un contrat de 100 jours, puis tu enchaînes avec un autre 100 jours. Le risque perçu diminue drastiquement à chaque segment — genre 100% au jour zéro, 55% après le premier 100 jours, 20% après le deuxième. Le besoin a besoin de diminuer son risque. Le parcours client ne se termine jamais à la première valeur perçue, il se termine à la première preuve de valeur livrée rapidement, aussi petite soit-elle.

Ta mémoire a un plafond dur — le système doit se souvenir à ta place

L'anthropologue Robin Dunbar a démontré que le cerveau humain a une limite cognitive naturelle pour maintenir des relations sociales stables : environ 150 personnes. Au-delà, la qualité se dégrade, peu importe ta bonne volonté. Tes clients t'oublient pas parce qu'ils sont ingrats — c'est que ta mémoire, comme la leur, a une limite biologique dure.

Je te le dis par expérience : j'ai probablement perdu des clients à cause de ça. Pas parce que l'intérêt n'était pas là, mais parce que je relançais pas au bon moment — c'était laissé au hasard, dépendant de si j'y pensais ce jour-là. Le jour où j'ai commencé à automatiser une partie du suivi — des séquences de courriels qui partent toutes seules, un dashboard qui me montre où chaque client est rendu, des notifications Telegram qui me disent « tel client attend une réponse depuis tant de jours » — ça a complètement changé la game. Pis c'est pas que je suis devenu plus discipliné du jour au lendemain. C'est que j'ai arrêté de compter sur ma propre mémoire pour faire la job.

Ton action cette semaine

Dessine les 7 étapes du business growth funnel pour ta business. Pour chacune, écris le nom du responsable. Si c'est toi sur quasiment toutes les étapes, il y a un problème — faut que t'engages. Regarde c'est quoi tes cases vides, celles où personne n'est vraiment dédié : c'est exactement là que tes clients disparaissent en ce moment. Automatise ce qui peut l'être, pis dis-moi : sur combien de ces 7 étapes t'es encore le seul responsable?